Repérer les signes de gravité, les terrains (immunodépression) et les étiologies qui nécessitent un traitement anti-infectieux en urgence.
Une antibiothérapie urgente probabiliste est indiquée même sans orientation étiologique franche :.
en présence de signe clinique de gravité (sepsis)
en cas de fièvre chez un patient neutropénique <500/mm3 ou asplénique
en cas de suspicion d'infection grave ( ex : purpura fulminans : antibiothérapie au domicile avant tout prélèvement)
examen clinique
Mesure de la fièvre
Seuils : température corporelle > 37°5 C le matin et/ou > 37°8 C le soir. On parle de fébricule en-dessous de 38°2 C.
Fièvre aiguë si début < 5 jours, prolongée si > 20 jours, intermédiaire entre 5 et 20 jours.
Méthode de mesure : au mieux, à distance des repas et après 20 minutes de repos en décubitus. Une surveillance rapprochée nécessite au moins 3 mesures quotidiennes à heure fixe afin de réaliser une courbe thermique.
Les mesures les plus fiables : tympanique (faussée si pathologie de l'oreille externe) ou rectale. Une mesure axillaire ou buccale nécessite une correction avec addition de 0,5° C au chiffre mesuré.
Interrogatoire
Caractéristiques de la fièvre
Mode d'installation : brutal (pic fébrile en quelques minutes), rapide ou progressif (plusieurs jours).
Date de début
Allure de la courbe thermique si possible :
fièvre continue ou en plateau : variation faible de température de moins de 1 degré.
fièvre oscillante : pics de fièvre avec périodes d'apyrexie. Lorsque les pics sont précédés de frissons, cela évoque une fièvre "canalaire" (infection d'un liquide de l'organisme avec décharge de bactéries : pyélonéphrite ou cholécystite) ou une primo-invasion palustre (paludisme des sujets non immunisés).
fièvre ondulante : variations lentes et amples de la température.
fièvre récurrente : périodes prolongées avec puis sans fièvre, puis rechute : évoque une infection sur obstacle, certains germes (borréliose) ou une cause non infectieuse (médicament, cancer...)
fièvre périodique ou cyclique : fièvre survenant à intervalles réguliers (tierce : fièvre 1 jour puis 2 jours sans fièvre; quarte : fièvre 1 jour puis 3 jours sans fièvre). Oriente vers les récurrences de paludisme.
fièvre vespérale : présente le soir
fièvre désarticulée ou hectique : pas de caractéristique de courbe thermique
ATCD :
âge
facteurs de risque cardio-vasculaires
gynécologiques
toxiques
néoplasies ou hémopathies
trauma crânien
psychiatriques
familiaux
maladies systémiques
comorbidités à risque de complication :
diabète mal équilibré
insuffisance cardiaque, coronaropathie
insuffisance respiratoire
insuffisance rénale chronique
patients âgés dépendants et/ou polypathologique
cirrhose
pourquoi la fièvre peut décompenser une comorbidité ?
retentissement neuroloqique de la fièvre : troubles du comportement, convulsions, délire voire coma
déshydratation : chaque degré au-dessus de 37°C augmente les pertes hydriques de 400 ml/jour
décompensation d'une comorbidité sous-jacente (insuffisance cardio-respiratoire ) : chaque degré au-dessus de 37° C augmente la fréquence respiratoire et la fréquence cardiaque de 10 BPM. La fièvre et les frissons majorent les besoins en oxygène. Une fièvre aiguë, surtout si elle est associée à une dyspnée (pneumonie, sepsis) est un facteur déclenchant de syndrôme coronaire aigu chez un patient avec une coronaropathie sous-jacente ou non connue.
mode de vie, anamnèse
voyage récent notamment en zone d'endémie palustre
notion de contage
état vaccinal
animaux
profession (exposition aux animaux, eaux usées, amiante...)
loisirs : baignade en eau douce (leptospirose), exposition aux tiques
matériel prothétique valvulaire, vasculaire ou articulaire
traitements médicamenteux en cours et leurs effets sur la fièvre (antibiotique, anti-inflammatoires...)
prise de risque (sexuels, toxicomanie)
signes fonctionnels associés
tachycardie : corrélation entre la température et le pouls : la FC s'élève normalement de 10 BPM / degré de température, on parle sinon de dissociation pouls-température.
tachypnée
frissons : secousses brèves répétées des mâchoires avec pilo-érection : ils évoquent surtout une cause bactérienne mais peuvent aussi être rencontrés en cas de virus, parasite ou autre cause non infectieuse.
sueurs, sueurs nocturnes
syndrome grippal : céphalées, myalgies ou courbatures, arthralgies... non spécifique de la grippe
Sous-sujet 6
autres signes fonctionnels d'organes, notamment des portes d'entrée infectieuses : urinaires, pulmonaire, ORL, cutané, neurologique...
Examen physique complet : inspection, palpation, percussion, auscultation :
urinaire : signes fonctionnels (brulures mictionnelles) douleur à le percussion des fosses lombaires, douleurs prostatiques au toucher rectal, bandelette urinaire
génital : leucorrhées, douleur à la mobilisation des annexes, douleur ou augmentation de volume d'un testicule
peau : érythème, purpura, éruption, érysipèle, escarre d'innoculation, plaie d'allure infectée, cicatrices (caractère inflammatoire ou purulent), ictère, plaie du pied chez le diabétique
aires ganglionnaires
ostéo-articulaire : impotence fonctionnelle, épanchement, point douloureux rachidien,
présence de matériel étranger : sonde urinaire, cathéter central ou périphérique, pace-maker, dérivation ventriculaire...
piège fréquent chez la personne âgée : râles pulmonaires notamment dans les bases liés à la position allongée prolongée, bactériurie asymptomatique, mauvaise tolérance neurologique de la fièvre
Si indiqué : biologie
NFS plaquettes : essentiellement à la recherche de neutropénie (PNN < 1,7 G/L) : le risque principal est infectieux, surtout en cas d'aganulocytose (PNN < 0,5 G/L). Une fièvre associée à une neutropénie nécessite une hospitalisation pour traiter et rechercher une cause à cette fièvre.
Ionogramme sanguin :
Natrémie Na+
Kaliémie K+
Chlorémie Cl
Calcémie et calcémie corrigée à l'aide de l'albuminélie : à la recherche d'une hypercalcémie qui peut avoir plusieurs causes dont l'hypersécrétion de parathormone PTH dans certains cancers et une lyse osseuse avec libération de calcium dans certains cancers également
CRP : protéine produite précocément par le foie en cas d'inflammation. c'est un bon marqueur d'inflammation (taux > 5 à 10 mg/L) mais non spécifique. Cependant, un taux faiblement élévé ( < 50 mg/L) accompagne les inflammations non infectieuses ou infectieuses non bactériennes. Un taux élevé oriente vers une infection bactérienne en cours d'évolution (mais il est parfais faiblement augmenté).
Urée, créatinine
Protidémie et albuminémie : pour rechercher un hémoconcentration ou hémodilution, une dénutrition, un syndrome inflammatoire chronique (taux bas) ou une hyperproduction d'anticorps (taux élevé de protides)
Bicarbonates HCO3- : reflet de l'équilibre acido-basique (mieux exploré avec les gaz du sang)
Bilan hépatique :
Transaminases ou enzymes hépatiques : ASAT et ALAT : leur augmentation simultanée définit le syndrome biologique de cytolyse hépatique
Bilirubine totale et conjuguée, phosphatases alcalines PAL et gamma glutamyl transférase gGT : les PAL ne sont pas spécifiques du foie et peuvent être augmentées en cas de pathologie osseuse. Les gGt sont spécifiques du foie.
Une cholestase hépatique est définie par l'augmentation simultanée des gGT et PAL. La bilirubine conjuguée est alors souvent augmentée. La bilirubine libre augmente lors des hémolyses. Cliniquement, un ictère correspond à une bilirubinémie > 50µmol/L.
Si signes de gravité :
TP
Fibrinogène
Gazométrie artérielle avec lactatémie
NB : les dosages de CRP et plus encore de la procalcitonine n'ont aucun intérêt lorsque le diagnostic est évident; par contre, ils peuvent aider à différencier les étiologies virales des étiologies bactériennes dans certaines situations (ces biomarqueurs s'intègrent à la démarche diagnostique mais n'ont pas de valeur pris isolément)
BU +/- ECBU
Hémoculture
Autres prélèvements à visée microbiologique avant antibiothérapie
Recherche de paludisme si retour d'une zone d'endémie palustre
PL si syndrome méningé ou trouble neurologique aigu fébrile
sérologies virales (hépatites et VIH si indiqué)
ECBC
Si indiqué : imagerie
Radiographie pulmonaire de face idéalement debout
Examens d'imagerie orientés par les points d'appel clinico-biologiques, la gravité, le terrain (scanner, échographie, pet scanner...)
Orientations possibles
Cas 1 : viroses communes
Epidémiologie : en France, chaque hiver, la grippe entraine en moyenne 25000 hospitalisations, environ 9000 décès surtout chez les personnes âgées et des consultations de médecine générale de 0,8 à 4,6 millions selon les années.
Rappel : importance de la vaccination.
Sources : le site Sentinelles (Santé Publique France) donne la situation en temps réel.
Etiologie : dépend du virus spécifique responsable de chaque maladie ORL, digestive, respiratoire ou pulmonaire comme par exemple : grippe, bronchiolites, rhumes, gastro-entérite et hépatites. (adénovirus, rotavirus, métapneumovirus, herpès...)
Signes cliniques : fièvre (pas obligatoirement), malaise général, diarrhées =/- vomissements, douleurs musculaires, fatigue excessive, maux de tête, éternuements, écoulement nasal, toux, selon le virus de l'infection.
Thérapeutiques : repos, hydratation, possible utilisation d'analgésiques ou d'anti-inflammatoires afin de soulager plus rapidement les symptomes.
Pronostic :
Diagnostic : évaluation des symptomes. En général, il est fréquent que plusieurs personnes présentent des symptomes viraux dans le même cercle social, ce qui est également pris en compte lors de l'évaluation.
En cas de suspicion d'infection virale plus grave, le médecin peut demander des anlyses de sang ou d'urines plus spécifiques comme pour la rubéole, la dengue ou le rougeole.
Prévention : rappel : l'une des meilleures mesures pour éviter d'attaper un virus est le lavage fréquent des mains.
Cas 2 : infections bactériennes
Cas 3 : infections parasitaires
Cas 4 : infections fungiques
Cas 5 : coup de chaleur ou insolation
Cas 6 : troubles du système immunitaire
Cas 7 : cancers et syndrômes paranéoplasiques
Cas 8 : troubles de la région du cerveau contrôlant la régulation de la température interne
Cas 9 : maladie thrombo-embolique
Cas 10 : maladies métaboliques
Cas 11 : suites d'un traumatisme ou d'une brûlure grave
Cas 12 : réaction à certains médicaments
Cas 13 : réaction à un vaccin
Pronostic vital
IMMEDIAT
engagé ?
Mettre en place les précautions complémentaires d'hygiène si une contagiosité est suspectée
Autentifier et caractériser la fièvre
Quelle température ?
Depuis quand ?
Définition
Dans le livre "sémiologie médicale", la fièvre est définie par l'augmentation de la température centrale régulée par les centres thermorégulateurs hypothalamiques, en réponse aux substances pyrogènes circulantes (d'origine endogène lors de toute réponse inflammatoire et d'origine exogène en cas d'infection).
Plus simplement, selon la HAS, le La fièvre est définie par une élévation de la température centrale au-dessus de 38 °C, en l’absence d’activité physique intense
Elle s'annonce par une sensation de froid, des frissons plus ou moins intenses, voire des claquements de dents. La personne se sent faible. Puis la transpiration devient abondante, le pouls et la respiration s'accélèrent, la soif augmente.
La fièvre est sensible aux antipyrétiques et est à traiter en cas de mauvaise tolérance ou de température > 38°5.
Attention : fièvre n'est pas synonyme d'infection et il existe :
des infections sans fièvre : cystite, diarrhée cholériforme (rotavirus, choléra...), infections chroniques (sinusites et ORL, tuberculose), amibiose intestinale, abcès cérébraux...
des infections avec hypothermie (infection à BGN)
des fièvres sans infection
L'apyrexie est définie par l'absence de fièvre
L'hyperthermie est définie par l'augmentation non régulée de la température centrale insensible aux antipyrétiques.
OUI
stabilisation
XABCDE
X : exanguination
A : airways (voies aériennes)
B : breathing (respiration)
C : circulating (circulation)
D : dishability (neuro)
E : extern (éléments pouvant aggraver la situation)
Prévalence très faible
Prévalence faible
Prévalence élevée
Références bibliographiques :
Coustet, B. (2022). Sémiologie médicale (6è édition). Vuibert
Sous-sujet 2
Sous-sujet 3
Sous-sujet 4
Liste des abbréviations :
ALAT : alanine aminotransférase
ASAT : aspartate aminotransférase
ATCD : antécédents
BPM : battement par minute
BU : bandelette urinaire
CRP : C réactive protéine
FC : fréquence cardiaque
FDR : facteur de risque
G/L : gramme par litre
NFS : numération formule sanguine
PL : ponction lombaire
PNN : polynucléaires neutrophiles
Glossaire :
Signede Murphy :
Escarre d'innoculation :
Sous-sujet 3
Sous-sujet 4
Sous-sujet 5
Merci pour votre attention
Des questions ?
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Dans les autres situations, l'urgence est de faire un diagnostic